La naissance d'un roman
- Pierre Laflamme

- 3 oct. 2025
- 3 min de lecture
Bonjour,
Petite anecdote sur la naissance du roman Le Sang des cailloux… et de son titre.
En 2007, mon épouse et moi avons décidé de réaliser un vieux rêve : partir en Égypte. On avait une attirance irrésistible pour ce pays – probablement les pyramides, les pharaons et, soyons honnêtes, l’idée de siroter un thé à la menthe en voguant le Nil. À l’époque, Ben Laden et sa bande faisaient encore les gros titres, prétendant défendre une cause religieuse alors qu’ils défendaient un projet politique et terrorisaient la planète. Autant dire que nos familles nous regardaient un peu de travers : « Sérieux, l’Égypte ? Maintenant ? » Mais nous sommes revenus enchantés. Ce voyage nous a ouvert les yeux sur une autre culture, et j’ai vite compris que, non, tous les musulmans n’étaient pas des terroristes (même si les bulletins d’information auraient aimé qu’on le croie).
Accueilli avec chaleur et hospitalité, je me suis demandé : comment un jeune garçon, puis un homme, pouvait-il basculer vers la violence ? Question existentielle entre deux tajines, me direz-vous. Je ne suis pas spécialement croyant, mais j’ai toujours eu du respect pour ceux qui le sont, tant qu’ils ne sortent pas les kalachnikovs pour vous convertir. Alors, j’ai plongé dans des recherches pour comprendre ce fameux « embrigadement religieux ». Et là, révélation : il y avait une histoire à raconter. Une vraie, pas celle que les journalistes mal informés ressassaient pour faire du sensationnalisme. Bref, écrire un roman s’est imposé comme le meilleur moyen de corriger le tir (sans mauvais jeu de mots).
Pendant l’écriture, le peuple égyptien s’est soulevé contre Moubarak. Imaginez-moi, tapant mes scènes avec, sur l’autre écran, les images en direct de la place Tahrir que j’avais visitée quelques mois plutôt. J’avais l’impression d’être de retour sur place, sauf que, moi, j’avais un café chaud et un fauteuil confortable.
Impossible bien sûr d’écrire un roman qui se déroule en Égypte sans plonger dans sa culture et son glorieux passé. Depuis l’adolescence, j’ai une fascination pour les pharaons et leurs accomplissements. Leur civilisation monumentale méritait bien d’imprégner le récit.
Le Sang des cailloux raconte donc l’histoire de Faysal, embrigadé dans une cellule terroriste. Sa suite, La lumière et les cendres, m’a longtemps résisté. Je ne trouvais pas le fil conducteur… jusqu’en 2013, quand les Égyptiens sont revenus sur la place Tahrir pour renverser Morsi. Là, je n’avais plus le choix : la suite s’écrivait toute seule (enfin presque). J’ai voulu donner une voix à Fadilah, qui croit en un islam des lumières (les héroïnes arabes, on les entend trop peu). Elle se retrouve face à une menace d’attentat visant à embraser le Moyen-Orient. Vers qui se tourner ? Son ancien prof d’égyptologie ? Son amie Aïcha ? Suspense assuré.
Ah, et le titre, me direz-vous ?Alors là… mes recherches m’ont appris qu’au nord de l’Irak, on pratiquait encore la lapidation (et croyez-moi, les vidéos qu’on trouve à ce sujet ne sont pas à regarder avant le dîner). Mais j’ai aussi découvert un vin splendide : Le Sang des cailloux. Son secret ? Les pierres blanches qui couvrent le sol et conservent chaleur et humidité pour les vignes. J’ai trouvé le titre parfait : à la fois sombre et lumineux.
Évidemment, à la sortie du roman, on a débouché une bouteille. Verdict ? Je recommande vivement le vin… et, si vous avez le temps, le roman aussi. 🍷📖
Bonne journée





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